L'Eglise catholique en Argentine

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La séparation de l'Eglise et de l'Etat
Selon l'article 2 de la Constitution, le catholicisme est religion d'Etat en Argentine : "le gouvernement fédéral soutient le culte catholique apostolique romain". Lors de la manifestation du 1er mai 2007, la séparation de l'Eglise et de l'Etat apparaissait parmi les revendications.

"Séparation de l'Eglise et de l'Etat"
(1er mai 2007)
Féminisme et droit à l'avortement
Les luttes féministes portent sur l'avortement libre et gratuit, l'égalité des salaires, une répartition égale des tâches au sein du foyer, le tout résumé dans un pochoir à la portée universelle : "La revolucion en la plaza, en la casa, en la cama" ("La révolution dans la place, à la maison, au lit"). L'Eglise, et ses chastes célibataires, est un obstacle majeur au droit à l'avortement : victime d'un viol, une femme croupit actuellement en prison à Jujuy pour ne pas avoir gardé son bébé alors que son agresseur est libre. Huit cent femmes décèdent chaque année suite à des avortements clandestins.

"Les Rouges (organisation reliée au Movimiento al Socialismo)
Avortement libre, légal et gratuit"
(1er mai 2007)
Un peu de "Terre Sainte" pour dissimuler les crimes des militaires
En décembre 1976, alors que la dictature sévit depuis le mois de mars et que des milliers de personnes sont torturées et assassinées, les militaires choisissent un symbole très chrétien pour exprimer la grandeur du pays et masquer l'horreur : sur la place de Mai sont enterrés des échantillons du sol de chaque région d'Argentine avec, recouvrant le tout, un peu de terre provenant de la prétendue "Terre Sainte".

"En ce lieu historique
a été déposée de la terre
de toutes les régions
du territoire national,
recouverte de terre sainte.
23-12-76"
Colonialisme catholique et soumission des autochtones
Du Québec à la Terre de Feu, le colonialisme chrétien a détruit des dizaines de peuples, soit en les acculturant, soit par une élimination physique réalisée en accord avec les conquérants. Dans la basilique Saint François à Buenos Aires, un groupe sculpté exhibe le résultat du prosélytisme catholique : deux chefs autochtones sont agenouillés devant "Saint François Solano, apôtre d'Amérique", affichant leur soumission au catholicisme. Des scènes similaires sont visibles à Montréal et Québec; voir aussi le livre de Victor-Daniel Bonilla Serfs de Dieu et maîtres d'indiens pour la situation en Colombie.

Saint François Solano
Le soutien de l'Eglise catholique argentine à la dictature militaire
"- Monseigneur... le Pape a dit que l'Argentine est l' « espérance du futur ». Pourquoi ?
- Eh bien... parce que le présent ne nous plaît pas... et que nous préférons ne pas parler du passé."


"Silence, par Paz et Rudy"
(Noticias, hebdomadaire argentin, 28 avril 2007)

7 juin 2007