Les électeurs français ont, par rejet de l'extrême droite, conservé un chanoine au poste de Président de la République le 5 mai 2002. Jacques Chirac accumule pourtant les trahisons envers sa haute fonction: fort cléricalisme, vénération aveugle du chef de la secte du Vatican, affinités marquées envers les éléments les plus réactionnaires du catholicisme mais aussi moult mensonges et détournements d'argent consciencieusement révélés par l'excellent Canard Enchaîné.
Le bref, et nécessairement incomplet, curriculum vitae du papolâtre Jacques Chirac:
Jacques Chirac démissionne de son poste de Premier ministre de Valéry Giscard D'Estaing et va se ressourcer à l'abbaye bénédictine de Solesmes.
La loi Veil de 1974 est soumise au vote pour sa reconduction mais Jacques Chirac refuse de la voter au nom du «respect de l'enfant, de son droit sacré à naître». Cette opposition au contrôle des naissances se poursuivra tout au long de sa carrière politique par ses amitiés avec le biologiste Jérôme Lejeune et l'Opus Dei.
Le biologiste Jérôme Lejeune fit partie de l'équipe qui découvrit les causes du mongolisme en 1958 et obtint de nombreuses distinctions dans le monde scientifique pour ses travaux dans le domaine de la génétique. Mais il fut aussi un des plus ardents opposants à l'avortement par la création en 1970 de l'association . Tous les moyens, y compris les plus violents, étaient permis pour empêcher les femmes d'avorter. Les commandos antiavortement sont donc les héritiers de l'illustre professeur. Cet "attachement à la vie" et ses liens avec l'Opus Dei le prédisposaient naturellement à une entente très cordiale avec le pape Jean Paul II qui le nomma membre de l' et président de l' lors de sa création. Il n'est alors pas surprenant que cette académie comprenne une forte proportion de membres de l'Opus Dei. Les convictions réactionnaires du scientifique outrepassaient les limites du domaine purement personnel et interféraient avec son activité médicale puisqu'il n'hésitait pas à refuser des diagnostics génétiques prénataux à des femmes enceintes afin qu'elles n'aient pas la tentation d'avorter. La famille Lejeune crée le 25 mai 1994 l'; elle a pour but de lutter contre l'interruption volontaire de grossesse, la contraception, l'euthanasie, et est très liée à l'Opus Dei. Jacques Chirac est membre de cette association ce qui permet de mesurer à sa juste valeur ses affinités avec l'Opus Dei et la frange conservatrice du catholicisme. Une fondation est aussi créée, la , ainsi que de nombreuses associations: l'Association pour la promotion de la famille, Les femmes et les enfants d'abord, Secours aux futures mères, L'attestation des défenseurs de la vie.
L'accession au pouvoir de Jacques Chirac entraîne la venue au gouvernement de nombreux représentants du catholicisme conservateur. Un de François Normand, paru dans Le Monde Diplomatique en septembre 1995, en dresse une liste:
"Mme Colette Codaccioni, ministre de la solidarité entre les générations, mère de cinq enfants et ancienne sage-femme, se définit comme «chrétienne et pour l'éducation à la vie»; Mme Elisabeth Dufourcq, secrétaire d'État à la recherche, est l'auteur d'une thèse sur les congrégations religieuses féminines, dont elle a tiré un livre intitulé Les Aventurières de Dieu; Mme Anne-Marie Idrac, secrétaire d'État aux transports, est la fille de l'un des pères fondateurs du Mouvement républicain populaire (MRP), parti catholique, et militante elle-même de leur héritier : le Centre des démocrates sociaux (CDS) ; et Mme Françoise de Veyrinas (CDS), secrétaire d'État aux quartiers en difficulté, est issue d'une famille toulousaine catholique militante. On peut s'interroger sur l'entrée au gouvernement et dans les cabinets de deux personnes «proches» sinon membres de l'Opus Dei : M. Hervé Gaymard, secrétaire d'État aux finances, et son épouse, Mme Clara Lejeune-Gaymard, directeur de cabinet de Mme Colette Codaccioni, fille du professeur Jérôme Lejeune (décédé en 1994), fondateur du mouvement antiavortement Laissez-les vivre, nommé par Jean Paul II au Conseil pontifical pour la famille et membre de l'Opus Dei."
Noter que la Fondation Jérôme Lejeune fut déclarée d'utilité publique en 1996 et qu'Hervé Gaymard, marié à Clara Lejeune la fille de Jérôme Lejeune, était par ailleurs administrateur de l'Association des amis du professeur Lejeune.
Les 20 ans de l'installation des intégristes catholiques à Saint Nicolas du Chardonnet à Paris ont été fêtés par une extrême droite bien représentée le 2 mars 1997. L'abbé Laguérie y a donné une messe où il a réitéré les appels à une reconquête des églises. Parmi l'assistance figuraient Bruno Gollnisch, secrétaire général du Front National, ainsi que le comédien Jacques Dufilho. Mais une absente de marque a néanmoins jugé bon de s'excuser pour son absence: Mme Bernadette Chirac. La réquisition par la force de l'église Saint Nicolas du Chardonnet en 1977 est l'exemple à suivre pour tous ces croisés.
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Très Saint-Père,
Au moment où Votre Sainteté va fêter son 80e anniversaire, je voudrais lui dire mon profond attachement et les vœux que je forme pour la poursuite de son pontificat. Notre monde, déchiré par les conflits, marqué par l'incompréhension et parfois la haine de l'autre, a toujours le plus grand besoin, Très Saint-Père, de votre message de paix, de fraternité, d'exigence humaniste et éthique. Je souhaite que Dieu donne à Votre Sainteté la force d'être, demain comme aujourd'hui, une lumière parmi les hommes. Je vous prie d'agréer, Très Saint-Père, l'hommage de mon profond respect et l'assurance de ma fidèle et déférente amitié."
La référence à un "Dieu" imaginaire est inacceptable pour le Président d'une République laïque.
Jacques Chirac a participé à deux cérémonies religieuses en septembre 2001 en hommage aux victimes des attentats islamistes aux USA et de l'explosion de l'usine AZF à Toulouse. Au delà de l'aspect clérical, on peut s'interroger sur l'utilité de ce genre de manifestation qui relève plus du spectacle, d'un recueillement de mise en scène, que d'une action constructive qui s'attacherait à résoudre les origines véritables de ces catastrophes.
Dans une réponse adressée à la Libre Pensée le 19 mars 2002, le candidat Chirac justifie le particularisme du statut local en vigueur en Alsace Moselle qui ne connaît pas la séparation des Eglises et de l'Etat:
"L'identité nationale ne se nourrit pas de l'identique. Elle naît de la variété des expériences et des tempéraments. Elle résulte de différences comprises et acceptées. En témoigne le particularisme du régime juridique d'Alsace Moselle auquel les habitants de cette région ont manifesté depuis près d'un siècle leur attachement. Il me semble qu'aucune raison, aucun évènement particulier, ne peuvent justifier la remise en cause que vous préconisez."
2 avril : "L'Histoire gardera l'empreinte et la mémoire de ce Souverain Pontife exceptionnel, dont le charisme, la conviction et la compassion auront fait résonner le message évangélique d'un écho sans précédent sur la scène internationale."
3 avril : "Ce deuil touche la France ", "Partout dans le monde, une immense émotion s'exprime. La France partage cette émotion ", "L'humanité perd un pasteur inspiré, défenseur inlassable de la dignité de l'homme". Jacques Chirac assiste à une messe à la cathédrale Notre-Dame à Paris en hommage à Jean Paul II, .
8 avril : Jacques Chirac assiste aux obsèques de Jean Paul II à Rome.
14 avril : lors d'un débat télévisé sur la Constitution européenne, Jacques Chirac déclare : "Pour reprendre une phrase désormais célèbre : n'ayons pas peur" (TF1 14 avril), phrase prononcée par Jean Paul II lors de son élection en 1978 et reprise par Le Pen le 21 avril 2002.
18 décembre : Sainte Bernadette transforme l'Elysée en oratoire