Parmi ceux qui s'expriment sur l'islam, une erreur est fréquemment commise : la confusion entre arabe, ou maghrébin, turc, et musulman. Par paresse, par ignorance ou au contraire avec des intentions bien précises, ont intérêt à pratiquer cette confusion tous ceux pour qui il est plus confortable de ne voir qu'une seule tête dans les populations d'Afrique du Nord et du monde arabe : les colonialistes certes mais aussi les musulmans obnubilés par la chimère de la Oumma, cette communauté des croyants qui n'a peuplé que leurs rêves. De Dakar à Aceh, en passant par Le Caire et la rue Jean-Pierre Timbaud à Paris, quiconque est originaire d'un pays corrompu par l'islam serait, de facto et sans recours possible, musulman(e). Comme on sait les lauriers réservés à l'apostat (la mort), point d'athée et de rationaliste en terre d'islam ? La manipulation est d'abord alimentée par les fanatiques, puisque la liberté individuelle n'existe pas dans l'islam pour, plutôt, s'abîmer dans le groupe, puis complaisamment admise par les autres : la France coloniale parlait des "Musulmans" pour désigner les Algériens et les Marocains non juifs.
Pourtant, la toile immaculée d'un monde arabe qui serait aussi totalement musulman souffre de nombreuses tâches, tâches de lumière dans des sociétés obscures et archaïques. En France un sondage de 2006 évalue à environ 20 % la proportion de Français issus de l'immigration africaine et turque qui sont sans religion. La proportion la plus élevée est observée chez les Français issus de l'immigration algérienne dont 25 % seraient sans religion. Les athées ne sont pas donc absents des pays dits musulmans et une Ligue Rationaliste Arabe a même été formée. Sur son site, en arabe, , des dizaines de contributeurs du monde arabe œuvrent à émanciper les mentalités des chaines de l'islam.