Le MRAP assure la défense de l'islam
Entre une conférence avec Tariq Ramadan et une poussée de colère contre les laïques, Mouloud Aounit dispose de peu de temps pour lutter efficacement contre le racisme. Depuis deux ans, le MRAP se perd régulièrement dans l'impasse de la défense de l'indéfendable : critiquer l'islam serait du racisme. L'organisation use à satiété du terme islamophobie pour désigner comme du racisme la critique de l'islam alors qu'elle doit être pratiquée au même titre que pour n'importe quelle autre secte. Sous le fallacieux prétexte que l'examen libre de l'islam serait une insulte envers les musulmans, le MRAP n'économise pas ses efforts, et ses amitiés fondamentalistes, pour tenter de museler la contestation par l'intimidation et les hauts cris.
Une chronologie, non exhaustive, des actions et déclarations pro-islamiques du MRAP et de son très irritable secrétaire général permet d'en juger aisément :
Septembre 2003 : le MRAP soutient les sœurs Levy pour porter le voile islamique dans le lycée Henri Wallon à Aubervilliers
Le père des deux filles, qui est aussi l'avocat du MRAP, a exprimé toute l'exécration de la laïcité observée au MRAP en qualifiant les laïques d'"ayatollahs de la laïcité", une formule complaisamment reprise par Xavier Ternisien dans Le Monde. Quant à Mouloud Aounit, il a déclaré que l'exclusion des deux sœurs "est une terrible défaite pour la laïcité, une victoire vénéneuse de l'intolérance" (Libération, 22 octobre 2003). Dans l'émission de Thierry Ardisson Tout le monde en parle, il ne dit pas un mot de protestation devant l'expression d'un véritable cliché antisémite par Alma Levy. A l'animateur qui lui demandait si le nom Levy n'est pas trop dur à porter, celle-ci répond : "Non, non... ça va. Au contraire, mon frère ça l'arrange quand il va chez le banquier !" (cité par Caroline Fourest, Frère Tariq, p. 365).
20 septembre 2003 : le MRAP organise un colloque à l'Assemblée nationale intitulé Du racisme anti-arabe à l’islamophobie
Septembre 2003 - février 2004 : le MRAP organise la cabale contre l'enseignant Louis Chagnon
En septembre 2003, le cours de Louis Chagnon sur le début de l'islam et les activités guerrières de Mahomet lui vaut des attaques de la part du MRAP et de la LDH. Le MRAP dépose une plainte pour "provocation à la haine raciale envers des personnes de confession musulmane" mais, après que le rectorat ait donné un blâme à l'enseignant, le MRAP la retire le 12 février 2004, afin d'éviter que la question soit abordée par un tribunal, trop peu sûr du résultat. Mais Louis Chagnon décide de se retourner contre le MRAP pour diffamation et l'affaire a été plaidée le 10 février 2005. La Procureur de la République a confirmé le caractère diffamatoire des propos du MRAP. Elle a estimé que "la démarche du MRAP n'est pas loyale", qu'il y a "beaucoup d'hypocrisie dans la démarche du MRAP" et n'a pas hésité à employer le mot de tartufferie à son égard.
24 octobre 2003 : dans un communiqué de presse réagissant aux propos de Claude Imbert, qui s'était déclaré "un peu islamophobe", le MRAP assimile la critique de l'islam au racisme anti-musulman
"Ces propos blessants sont inacceptables de la part du fondateur et éditorialiste d’un grand hebdomadaire français qui affiche, revendique, et justifie son racisme viscéral à l’endroit des
musulmans", communiqué de presse du 24 octobre 2003. Le MRAP refuse d'admettre qu'attaquer une religion n'est pas jeter l'opprobre sur les croyants.
Selon le MRAP, ces propos sont "d'autant plus inacceptables qu'ils participent à une inquiétante et insupportable banalisation de l'islamophobie, derrière laquelle se dissimule la haine des populations arabo-musulmanes" (Le Nouvel Observateur 27 octobre 2003). Le MRAP s'égare, intentionnellement, en prétendant que critiquer l'islam est haïr les musulmans. Ce faisant, il insulte en fait les musulmans en supposant que tous adhèrent à l'ensemble du Coran, y compris à ses préceptes les plus barbares et misogynes qui sont précisément la cause de l'islamophobie.
30 octobre 2003 : tribune de Mouloud Aounit dans Libération où il se repaît, jusqu'à l'indigestion, du terme islamophobie qu'il assimile à du racisme.
2003 : la section de Paris du MRAP prend la défense de Tariq Ramadan à propos de son texte sur les intellectuels juifs (Caroline Fourest, Frère Tariq, p. 384)
15 novembre 2003 : Mouloud Aounit participe avec Tariq Ramadan à une conférence au Forum Social Européen à Ivry sur Seine
20 novembre 2003 : le MRAP pour le port du voile islamique à l'école
Le MRAP considère qu'une loi contre les signes religieux à l'école ferait "le jeu de l'extrême droite" et prétend, contre toute évidence, qu'il n'y a "pas plus de 10 cas litigieux par an" dans les affaires de voile islamique (déclaration du Bureau national du MRAP du 20 novembre 2003) alors qu'ils se comptent par centaines !
Novembre 2003 : Mouloud Aounit s'énerve contre Caroline Fourest lors d'un débat en l'accusant de faire "des amalgames qui excitent la peur" (Caroline Fourest, Frère Tariq, p. 360)
Décembre 2003 : Mouloud Aounit participe à une conférence sur l'islamophobie avec Tariq Ramadan et Vincent Geisser à Saint Etienne
14 février 2004 : le MRAP pour le port du voile islamique à l'école
Le MRAP apporte sa signature à un texte du collectif "Une école pour toutes et pour tous, contre les lois d'exclusion" qui considère la loi contre les signes religieux à l'école comme une loi raciste (liste des signataires).
2 avril 2004 : Mouloud Aounit bénéficie d'une tribune sur oumma.com
30 avril 2004 : Mouloud Aounit intervient sur OummaTV
21 mai 2004 : collaboration de Mouloud Aounit avec Tariq Ramadan
L'université de Jussieu à Paris décide de ne pas accorder de salle pour une conférence où devait participer Mouloud Aounit aux côtés de Tariq Ramadan (Caroline Fourest, Frère Tariq, p. 407)
7 novembre 2004 : MRAP et UOIF, même combat
Le MRAP accepte la présence de l'UOIF dans une manifestation antiraciste dont l'appel est aussi signé par le Collectif Une école pour toutes et tous, le Collectif des Musulmans de France (pro-Ramadan) et la Fédération Nationale des Musulmans de France.
18 novembre 2004 : le MRAP use de la calomnie pour museler, sans succès, la critique de l'islam
Le MRAP diffuse un communiqué de presse calomniateur et mensonger où, à l'aide de citations tronquées, il profère des accusations injurieuses, autant qu'infondées, d'antisémitisme et d'appartenance à l'extrême droite. Par le même canal, sur sa liste de diffusion électronique, le MRAP diffuse un article ahurissant de Vincent Geisser paru sur oumma.com pour qui la critique du judaïsme relève de l'antisémitisme. Aucun droit de réponse n'est accepté par cette organisation qui prétend pourtant défendre les libertés. Entre la manipulation des textes et le mépris pour le droit de la presse, le MRAP s'enfonce un peu plus dans l'abjection et la malhonnêteté.
3, 4 et 5 décembre 2004 : un Congrès national houleux
Au Congrès national du MRAP, réélection difficile de Mouloud Aounit par 131 voix contre 83 (Le Figaro 6 décembre 2004). Le Congrès a entériné l'utilisation du terme islamophobie à une courte majorité.
17 décembre 2004 : le MRAP considère le Comité contre l'islamophobie en France comme une source d'information fiable
Dans un communiqué réagissant à l'agression inadmissible d'une musulmane voilée, le MRAP se réfère à un "rapport" calamiteux du Comité contre l'islamophobie en France, renommé "Observatoire contre l'islamophobie" par le MRAP. Ce rapport range sans aucune distinction des sites internet laïques, athées et rationalistes aux côtés de sites d'extrême droite. Le MRAP se nourrit abondamment de ce genre d'amalgames.
6 janvier 2005 : Mouloud Aounit plus halal que halal
Au journal de 13h de France 2, Mouloud Aounit demande que des repas halal soient proposés dans les écoles et sa colère habituelle s'abat sur Jean-Yves Vayssières de l'Union des Familles Laïques qui défendait la stricte application des principes laïques à l'école. Dans Respublica n° 321 (7 janvier 2005), Michèle Vianès décrit la scène : "Les hurlements, éructations suivis de menaces d'ouverture d'école coranique du président du MRAP, utilisant le discours communautaro-religieux habituel de l'UOIF, ont été immédiats dès qu'il a entendu les mots de laïcité et de République."
13 janvier 2005 : Mouloud Aounit pour le rétablissement du délit de blasphème
Au journal de 13h de France 3, dans une réaction aux propos pro-nazis de Le Pen, Mouloud Aounit demande que soit rétabli le délit de blasphème :
"La justice doit être d'une fermeté exemplaire pour éviter non seulement la récidive mais aussi pour prévenir et de montrer qu'aujourd'hui si la liberté d'expression est un bien fondamental qui fait partie des droits de l'homme, la liberté de blasphémer et la liberté d'ouvrir le champ au racisme doit être condamnée avec la plus grande fermeté" (transcription exacte des propos entendus). Voir aussi L'Express du 24 janvier 2005.
14 janvier 2005 : le MRAP pour le port du voile islamique à l'école
Lors de sa rencontre avec Jean-Pierre Raffarin, Mouloud Aounit a poursuivi son combat antilaïque en voulant dénoncer "un certain nombre de dérapages au niveau de l'utilisation de la loi sur la laïcité" (Associated Press 14 janvier 2005) !
15 janvier 2005 : contestation interne au MRAP
4 février 2005 : la phobie de l'islamophobie
Mouloud Aounit demande à la Ligue de l'Enseignement que le terme "islamophobie" soit placé sur le document de présentation de la Semaine d'éducation contre le racisme du 21 au 26 mars (AFP 4 février 2005).
8 mars 2005 :
Mouloud Aounit proteste contre l'exclusion du collectif Une école pour toutes et tous des signataires de l'appel à manifester pour le droit des femmes le 8 mars (AFP 7 mars 2005). Normal, ce collectif a grossi les rangs du MRAP au cours de l'année 2004, dont Pierre Tévanian, président du MRAP Paris 20ème.
15 mars 2005 : le MRAP pour le voile islamique à l'école
Dans un communiqué de presse du 15 mars 2005, le MRAP manifeste une fois de plus son opposition à la loi contre les signes religieux à l'école. Cette loi aurait "des incidences non négligeables et particulièrement inquiétantes dans le développement du racisme anti-musulman" ! Le MRAP se désole en outre que le débat sur le voile à l'école ait "dégradé la
perception de l'islam par l'opinion publique". Mais motus sur le contenu raciste, guerrier et misogyne du Coran...
15 mars 2005 : une démission au Bureau National du MRAP
Après plus de 9 ans de participation à la direction nationale du MRAP, Isabelle Sirot démissionne du Bureau National du mouvement et explique sa décision : "Je ne resterai pas dans une association qui ne défend plus les valeurs
universelles de l'antiracisme et qui favorise par ses prises de
positions le communautarisme, pilier du racisme ". Elle dénonce "le dernier communiqué du 8 mars sans allusions aux discriminations
faites aux femmes" ainsi que "l'entrisme fait
par le groupuscule communautaire "une école pour tous"". Enfin elle révèle que "le MRAP a perdu 8 % de ses adhérents en 2004" !
7 avril 2005 : Mouloud Aounit pour le voile à l'école
Au cinéma Cin'Hoche de Bagnolet, une intervention de Mouloud Aounit est prévue à l'issue de la projection du film de Jérôme Host "Un racisme à peine voilé" pour apporter son soutien aux musulmanes voilées. Mais la municipalité en décide autrement en annulant la projection du film.
Octobre 2005 : démission de Pierre Tévanian
Roulé dans la farine par Dieudonné, plus expert que lui en joutes oratoires, Pierre Tévanian, animateur du collectif islamogauchiste Une école pour toutes et tous et accusé, à tort, d'antisémitisme, démissionne du MRAP. Sa carrière y aura été brève puisqu'il y avait adhéré au printemps 2004. Son credo politique se limite à considérer que, finalement, tout est racisme et colonialisme. Victime de méthodes qu'il a lui-même pratiquées en d'autres circonstances (il avait traité Michel Onfray de raciste, c'est dire la lucidité du personnage...), Tévanian est l'arroseur arrosé. Son amateurisme en politique aura eu raison de son militantisme puisqu'il a annoncé suspendre pour au moins un an tout engagement public...
1er février 2006 : les caricatures de Mahomet
Après la publication des caricatures de Mahomet dans France Soir le 1er février, le MRAP exprime sa "consternation devant une inquiétante et piteuse provocation" (AFP 1er février 2006).
4 février 2006 : le MRAP porte plainte contre France Soir
Le MRAP porte plainte contre France Soir pour la publication du dessin représentant une bombe dans le turban de Mahomet au titre de "provocation et incitation à la haine raciale" (AFP 4 février 2006). Le MRAP estime qu'il s'agit d'un "détournement raciste de la liberté d'expression". C'est pourtant mal connaître le personnage réellement raciste de Mahomet qui a lui-même encouragé le recours à la violence et au meurtre pour affirmer l'islam (cf. les hadiths).
7 février 2006 : 12 élus du BN opposés à la plainte contre France Soir
La contestation se poursuit au sein du MRAP. Douze élus de la Direction Nationale du MRAP estiment que le fait d’engager des poursuites contre le journal France Soir est une grave erreur et demandent son réexamen : Frédérique Ferry (Membre du Conseil d’Administration et Présidente du Comité de Nancy),
Jean-Marc Bourquin (Membre du bureau exécutif, comité de St Denis, 93),
Nadia Kurys (vice-présidente, membre du bureau exécutif, fédération de l’Ardèche),
Horiya Mekrelouf (Membre du Conseil d’Administration, Présidente du Comité de Marseille),
Anne Savigneux ( Membre du bureau exécutif, Présidente du Comité de Bourgoin-Jallieu),
Gérard Kerforn (Membre du Conseil d’Administration, Président de la fédération des Landes),
Maya Vigier (Membre du Conseil d’Administration, Comité de Paris 5e-13e),
Christian Delarue (Membre du Bureau exécutif et du Conseil d’Administration, Vice-président du Comité d'Ille et vilaine),
Emmanuelle Le Chevallier (Membre du Conseil d’Administration, fédération de Paris),
René Meyer (Membre du Conseil d’Administration, Président du Comité de Toulouse),
Yves Loriette (Membre du Conseil d’Administration, Président de la Fédération du Val-de-Marne),
Didier Poupardin (Membre du Conseil d’Administration, secrétaire de la Fédération du Val-de-Marne).
8 février 2006 : des comités et des fédérations ou responsables locaux s'opposent à la plainte contre France Soir
Dans un texte intitulé "Pas en notre nom ! ", des comités et des fédérations ou responsables locaux s'opposent à la plainte contre France Soir : "Les soussignés sont fondamentalement attachés à la liberté de culte.
Ils affirment que la liberté de conscience comporte le droit d'être athée ou
de pratiquer toute religion, mais aussi le droit de critiquer et de porter en
dérision toutes les religions.
[...]
Mais ils se dissocient de la décision du conseil d'administration du MRAP
qui a décidé de poursuivre France Soir. Cette action en justice que le MRAP
voudrait placer à l'aune d'une préoccupation antiraciste, se trouve diluée dans
un contexte de violence et de racisme de masse dans certains pays du monde."
Février 2006 : encore des contestations au MRAP
La Fédération du MRAP de Seine-Maritime et les comités du MRAP de Rouen et de Dieppe diffusent une déclaration intitulée : "Pourquoi nous nous désolidarisons de l'action en justice intentée par le MRAP contre France Soir".
13 février 2006 : Aounit est attaqué de toutes parts
L'obsession islamophile de Mouloud Aounit lui vaut des critiques nombreuses dans la presse : Marianne le 10 février, Charlie Hebdo le 15 février qui brocarde "l'imam Aounit" et rebaptise le MRAP "Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié du Prophète", Libération le 6 février dans le courrier d'un lecteur intitulé "Mrap et Mollahs, même combat ?" ainsi que dans un article du 9 février. Aounit contre-attaque piteusement dans un communiqué le 13 février.
Mars 2006 : Jean Ferrat exprime son désaccord avec le MRAP à propos de la plainte contre France Soir
Dans une lettre ouverte à Mouloud Aounit (voir Respublica 428 du 17 mars 2005), Jean Ferrat déclare : "Je suis certainement un des plus anciens adhérents du MRAP mais c'est la première fois que je me demande si je ne vais pas être obligé de démissionner de l'association", "Je trouve la position du MRAP extrêmement grave pour notre mouvement et au delà pour l'avenir de notre démocratie laïque.
Je me vois donc forcé de me désolidariser entièrement de cette position et de cette action et de le faire savoir publiquement." Le festival anti-Aounit continue !
Actualisé mars 2006