Dans un aéroport israélien, deux frères se retrouvent après vingt-cinq ans d'éloignement. Dan est berger dans un kibboutz, athée et pétri d'utopie communautaire, Aaron est avocat et a enseigné la Torah dans une yeshiva à New York. Le premier salut est aussi le premier accroc : le juif fanatique refuse la main tendue de l'épouse. Et la suite sera à l'identique : refus d'être seul dans un ascenseur avec une femme, imposition du shabat dans les cafés, abêtissement par la récitation de textes archaïques, refus de consommer certains aliments, etc. Le film d'Igaal Niddam est une succession de conflits politiques et religieux entre les deux frères, sur fond inavoué de tensions familiales. L'un déclare n'être pas juif mais israélien alors que l'autre n'admet la loi humaine qu'après celle émanant du concept de "dieu" car la trame du scénario est le refus de la conscription par les étudiants d'une école religieuse. Aaron est leur avocat et tout est dit sur le fanatisme et l'obscurantisme de ces délinquants en uniforme d'apprentis rabbins, comme sur l'urgent besoin de séparation entre l'Etat et la religion en Israël.
Trop patriotique pour porter la vie palestinienne à l'image, le film ne montre qu'un seul Arabe en tant que témoin au procès où il annonce que, finalement, l'islam vaincra. De façon plus générale, Dan et Aaron ne suggère rien, explique tout, et souffre de plans trop posés, trop propres, tels ceux d'une série américaine où les acteurs offrent tous une apparence irréprochable. Ainsi, Dan le berger est vêtu d'habits toujours propres et nets, même au contact de ses moutons. Malgré, aussi, une issue sentimentaliste peu crédible, le film conserve néanmoins son intérêt dans le tableau d'une société israélienne dont les juifs orthodoxes sont le cancer face à des laïques qui les exècrent.