Les scandales des JMJ97:
La laïcité s'est retrouvée une fois de plus
bafouée avec la participation sans équivoque du gouvernement à l'organisation
du voyage papal. Un comité interministériel de coordination des JMJ a ainsi
été créé avec à sa tête le général Morillon. Cependant, cette création n'a été
officialisée par aucun décret comme il est d'usage en temps normal, l'Eglise
est probablement au dessus des lois... Bien que Morillon assure qu'il n'en
coûte rien au contribuable, le porte parole des JMJ, Mgr Di Falco, l'admet
lui-même en disant "ne pas voir pourquoi ceux qui aiment Dieu n'auraient
pas le droit de se rassembler, même si ca coûte un peu d'argent aux
Français". L'aide de l'état consiste d'abord en l'utilisation de locaux
dans l'Hôtel Matignon avec téléphone, fax mis à la disposition du général.
C'est aussi l'utilisation de l'armée qui assure, comme en 1996, un soutien
logistique. Le service public n'est pas en reste avec des réductions offertes
aux grenouilles de bénitiers venues de tous pays par Air France, la RATP, la
SNCF, les PTT. Et afin de parquer cette foule de chrétiens, lieux publics,
stades et écoles se sont vus réquisitionnés.
France Télévision a créé une
frénésie médiatique autour d'un évènement qui n'a pas passionné la population.
En plus de la note de 9.5 millions de francs, France Télévision a aussi
constitué une tribune pour les JMJ97 qui ont pu s'exprimer largement par la
voix de Mgr Di Falco.
Le Pape, quant à lui, n'a pas manqué de rappeler la
réalité de son message réactionnaire en allant se recueillir sur la tombe du
professeur Lejeune. Celui-ci est connu pour son opposition à l'avortement, une
opposition dans la droite ligne de l'intégrisme catholique. L'intégrisme de
Lejeune ne se limite pas à sa croisade antiavortement puisqu'il fut aussi en
relation avec l'Opus Dei. Les fanatiques n'en attendaient pas moins de cette
visite papale qui n'est donc qu'un encouragement à poursuivre dans les
opérations de force des commandos antiavortement.